Les variétés de bridge

Le bridge apparaît vers la fin du 19ème siècle, sous une forme que l'on appelle le grand bridge ou bridge simple. C'était alors une variante du whist bostonien, le donneur étant le seul des quatre joueurs à avoir le droit de choisir l'atout et de proposer un « contrat », comme on dira ultérieurement. Il pouvait aussi, si son jeu était trop faible, passer la parole à son partenaire, assis en face de lui à la table de jeu. On a comparé ce passage à un « pont » (bridge) d'où le nom sous lequel le jeu s'est répandu. En Grande-Bretagne, puis aux Etats-Unis, ce grand bridge se transforma, progressivement, en bridge aux enchères ou Auction bridge. Ce dernier n'est autre qu'un élargissement du bridge simple : le droit de nommer l'atout est accordé à tous les joueurs, qui peuvent enchérir les uns sur les autres, les couleurs étant hiérarchisées : Pique est supérieur à Cœur, Cœur à Carreau et Carreau à Trèfle. Cet ordre est différent de l'ordre du bridge simple où l'on avait, par ordre décroissant, Cœur, Carreau, Trèfle, Pique. Parallèlement, la marque était, elle aussi, modifiée. Au début du XXe siècle, on jouait à l'Auction bridge dans tous les pays du monde, mais avec des règles légèrement différentes selon les pays. En France, le bridge aux enchères prit un aspect particulier qu'on a appelé le bridge-plafond. Dans toutes ces variétés, la phase des enchères, au cours de laquelle se définit l'atout auquel sera joué un coup, était réduite. Tout le talent des joueurs de bridge-plafond ou d' Auction bridge était consacré à l'art du jeu de la carte. Ce sont les joueurs anglo-saxons, et plus spécialement les joueurs américains, qui ont donné aux enchères et à l'évaluation des possibilités d'une main (c'est-à-dire des treize cartes que le joueur tient dans sa main) une importance capitale. Le développement des enchères imposa la mise au point d'un certain nombre de conventions, et ainsi naquit le contract-bridge ou bridge-contrat, plus brièvement appelé le « contrat », qui est le bridge auquel jouent tous les joueurs modernes.La nécessité d'une unification du jeu se fit sentir entre 1920 et 1930, époque à laquelle des joueurs fameux eurent l'occasion de se rencontrer, dans des clubs célèbres comme le Portland Club de Londres ou le Whist Club de New York. Ces deux clubs et la Commission française du bridge mirent au point un Code international du bridge (première édition française : Plon, 1932) qui réglementait l'Auction bridge, le bridge-plafond et le bridge-contrat. Les progrès du contrat, depuis, n'ont cessé de croître. Il existait bien encore, vers 1945, quelques joueurs de bridge-plafond dans les arrière-salles des brasseries françaises, mais ils n'étaient que les vestiges d'un passé révolu.